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Marseille : dix personnes portées disparues après l'effondrement d'immeubles

EN IMAGES - Trois immeubles se sont effondrés ce lundi dans une rue du centre-ville. Une course contre-la-montre a débuté pour retrouver d'éventuels survivants dans les décombres. Le maire Jean-Claude Gaudin espère «le moins de morts possible».

Plusieurs heures après l'effondrement de deux immeubles en plein centre de Marseille, les secours sont toujours à pied d'oeuvre pour rechercher d'éventuelles personnes piégées dans les décombres. Selon, Julien Ruas, adjoint au maire, les opérations vont se poursuivre toute la nuit et probablement sur plusieurs jours. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner s'est rendu sur place dans la soirée. Selon lui, «huit personnes auraient été susceptibles de se trouver dans les immeubles», a-t-il déclaré, se disant «peu optimiste» sur la situation. Parmi ces individus figureraient une femme qui n'est pas allée chercher sa fille à l'école et une autre femme «qui ne sortait jamais de chez elle», d'après le président de la région Paca, Renaud Muselier. En outre, sans qu'il soit pour l'heure possible de savoir s'ils vivaient dans un des immeubles qui s'est effondré, deux hommes ont été filmés sur le trottoir par une caméra de vidéosurveillance juste avant leur écroulement.

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Infographie Le Figaro

Les opérations se poursuivent à la recherche d'éventuelles victimes

Survenu vers 9 heures, l'accident a touché les numéros 63 et 65 de la rue d'Aubagne dans le quartier populaire de Noailles et a blessé légèrement deux passants. Les deux bâtiments de quatre et cinq étages, très vétustes, ont laissé place à un immense amas de gravats et une épaisse fumée provoqués par l'effondrement. Un troisième immeuble s'est ensuite effondré de lui-même en fin d'après-midi. Près de 100 marins-pompiers se sont mobilisés pour sécuriser ce quartier du 1er arrondissement de Marseille et mener les recherches, épaulés par deux équipes cynotechniques.

A Marseille, un premier corps retrouvé sous les décombres - Regarder sur Figaro Live

«Ce qui compte c'est qu'on trouve le moins de morts possible, mais nous pensons qu'il y en aura», a commenté sur place le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin, évoquant un accident «gravissime». «Nous sommes sur une opération très délicate, il y a beaucoup de gravats sur la voie publique, notamment des voitures qui ont été ensevelies», a renchéri le préfet de région Pierre Dartout.

Les opérations devraient durer plusieurs jours
Les opérations devraient durer plusieurs jours Claude Paris/AP

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Une inquiétude partagée par Julien Denormandie qui s'est rendu sur place en milieu d'après-midi. «Je suis dans l'incapacité de dire si oui ou non il y a des personnes coincées sous les décombres» a-t-il déclaré, précisant que tout était fait pour «apporter une aide, pour apporter un secours, pour apporter une solution». «Il y a une course contre la montre qui s'opère» a-t-il ajouté. De son côté, Emmanuel Macron a fait part de son «affection et la solidarité de la Nation toute entière à l'endroit de nos compatriotes, pour cette ville, ces territoires, cette région», dans un discours prononcé à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle.

Dès le milieu de la journée, le «recensement des individus et des familles connus comme habitant de cet immeuble» a été mis en place comme l'expliquait le préfet de police de Marseille, Olivier de Mazières. Julien Ruas, adjoint au maire, a, de son côté, appelé les personnes impactées par l'effondrement «à se rendre à la mairie de secteur pour qu'une solution de relogement leur soit proposée» et le plus rapidement possible compte tenu de l'orage annoncé. Plus tôt dans la journée, il avait indiqué que l'un des deux immeubles faisait l'objet d'un arrêté de péril depuis «une dizaine de jours», «suite à une difficulté sur une cloison au 1er étage». Ses occupants devaient donc a priori avoir été évacués. Il s'agissait d'un bâtiment municipal, tandis que pour le second immeuble, neuf des douze appartements étaient habités, a appris Le Figaro. D'après le site MarsActu, «la ville de Marseille devait installer une micro-crèche de dix berceaux» dans l'immeuble municipal situé au n° 63. «En revanche, l'immeuble du 65 était habité. Quelques minutes avant l'effondrement, du linge séchait aux fenêtres du premier étage», peut-on lire sur le site.

Un troisième immeuble effondré

Par précaution, les autorités ont rapidement évacué «les quelques dizaines de personnes habitant dans les deux immeubles voisins», a quant à lui indiqué à l'AFP Philippe Bianchi, porte-parole de la police. «Structurellement, les immeubles à Marseille se tiennent les uns avec les autres donc on ne veut pas prendre de risque et on fait évacuer cet îlot», a expliqué Julien Ruas. Opération très délicate: vers 17H15, un troisième immeuble mitoyen, déjà très fragilisé et qui menaçait de s'effondrer sur les sauveteurs, s'est écroulé «de lui-même» à 75%, ont expliqué les marins-pompiers sur Twitter. L'immeuble avait été abandonné et muré depuis l'été 2012.

Le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, a saisi la police judiciaire d'une enquête sur l'accident afin de déterminer les causes exactes du drame. Dans un communiqué, la mairie de Marseille explique que ce «dramatique accident pourrait être dû aux fortes pluies qui se sont abattues» sur la ville ces derniers jours. Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône qui s'est rendu sur place, a assuré vouloir éviter toute polémique et a félicité les secours à l'oeuvre. Le député à toutefois condamné la politique de gentrification de la mairie et sa négligence alors que la vétusté de certains immeubles avait été signalée. «Ce sont les maisons des pauvres qui tombent, et ce n'est pas un hasard», a-t-il dénoncé, déplorant «une drôle d'odeur de désinvolture et d'indifférence à la pauvreté». La sénatrice PS Samia Ghali a, elle, regretté que: «derrière la carte postale idyllique, on mesure une fois de trop les échecs de la politique de l'habitat et du centre-ville».

JEAN-PAUL PELISSIER/REUTERS

«Il y a eu un gros boum»

«J'habite juste à côté, je regardais la télé quand j'ai entendu un grand bruit, mais pas d'explosion, puis un nuage de fumée», a témoigné auprès de l'AFP Antonio Dias, 30 ans. Une autre voisine, Sofia Benameur, a elle aussi raconté un bruit «qui faisait “badaboum, badaboum” comme des pierres, et d'un coup il y a eu plein de fumée chez moi, j'ai dû sortir en courant». «L'immeuble s'est effondré d'un bloc en quelques secondes. Je n'ai pas entendu le bruit d'une explosion», a de son côté raconté à l'AFP Djaffar Nour, qui faisait ses courses dans la rue à quelques dizaines de mètres des bâtiments effondrés. «Il y a eu un gros boum et ça s'est effondré d'un coup», a témoigné Ludovic, étudiant de 26 ans, qui habite en colocation en face de l'immeuble qui s'est effondré. «Il y avait beaucoup de passants dans la rue à cette heure-là dans le quartier».

«Après, on nous a dit de sortir de chez nous à cause des risques d'effondrement», a ajouté le jeune homme, qui a dû réveiller deux de ses colocataires, dont une jeune fille qui n'a eu que le temps d'enfiler une veste au-dessus de son pyjama. «La semaine dernière, les pompiers étaient venus et avaient bloqué la rue pendant deux heures à cause du risque d'effondrement mais ensuite il ne s'était rien passé du tout», a ajouté Ludovic.

Ses occupants devaient a priori avoir été évacués.
Ses occupants devaient a priori avoir été évacués. GERARD JULIEN/AFP
AFP, Reuters Agences
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489 commentaires
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    Valette Laurent

    La mairie ne peut plus nier qu'elle n'était pas au courant que dans certains quartiers de Marseille, il y a des immeubles voire des quartiers entier prêts à s'effondrer !
    Mais bon, comme d'habitude on préfère ne pas voir...
    Des marchands de sommeil ont envahi les immeubles insalubres de ce quartier, mais c'est loin d'être le seul !
    Ce qu'il faudrait c'est tout raser et reconstruire des logements sains.

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    octopat

    Alphonse ALLAIS disait: "Tout est dans tut, et réciproquement"
    Face à la majorité de commentaires prompts à dénoncer les insuffisances réelles u imaginées des différents échelons du pouvoir, on ne trouve guère que le post de Arcusgi (du 5/11 à 23h05) qui donne une autre image de la situation d quartier: (clandestins, immigrés, trafics).
    A cela l faut ajouter les multiples associations bien pensantes toujours à se mobiliser dés la première rumeur d'expulsion de rénovation de préemption.
    Et ne parlons pas s du "Tir aux pigeons"si fréquent...

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    Petit Menhir

    Triste événement qui ne devrait jamais être. Ceoendant, ce qui vient d’arriver à Marseille pourrait arriver partout ailleurs dans n’importe quelle ville de France. On est en train de stigmatiser la ville phocéenne. Tout ce qui se passe à Marseille est aussitôt montré du doigt... Marseille ville de tous les délires, ville de tous les excès. Les masures existent partout en France. La pauvreté est partout autour de nous. Dans n’importe quelle ville de France des gens sont logés de façon indigne. Paris par exemple peut balayer devant sa porte... indigne de voir dans la capitale les familles s’installer dans la rue pour la nuit.

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    Holy Wood

    J'adore Marseille, je m'y rends à chaque fois que je suis dans le Sud... mais c'est vrai que sorti les quartiers proches du vieux port ou des docks, même en restant au centre, on a l'impression d'être sur une autre planète... Et que dit l'insoumis d’opérette ? Ou Marseille est-elle "sa" ville que lorsqu'il s'agit de la mettre en scène pour grappiller quelques voix pour qu'il ne se sente concerné ?

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    3303113

    c'est en FRANCE pas en ITALIE cette fois!

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    Etirado

    Pour Marseille ou, selon France Info, 100.000 personnes vivraient dans un logement susceptible de leur poser un problème de santé, ou pire, c'est un problème d'investissement à plusieurs milliards d'euros.
    A noter la pertinence de l'IFI dans ce contexte.

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    eve-et-adam

    la gérontocratie tue la democratie
    repartition des maires par classe d'age :
    - de 40 ans 4%
    60 ans 50%
    retraités 50 %

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    Effege

    À l'image de ce pays qui s'effondre...

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    TEMPO1813

    L'instant est à la peine et à la solidarité, les polémiques ne tarderont pas et comme d'habitude on oubliera que la cupidité, la spéculation et l'irresponsabilité tuent !

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    Arcusgi

    Ce quartier est une zone quasiment squattée par des clandestins ou des immigrés qui trafiquent plus ou moins et se sentent bien protégés des pouvoirs publics, mais hélas, pas des effondrements d'immeubles en ruine qu'il est difficile administrativement de récupérer compte-tenu du contexte. (d'ailleurs, il sera difficile d'identifier, même de dénombrer les victimes). Chaque fois que c'est possible, la mairie exerce son droit de préemption, mais les associations et la paix sociale sont les plus forts. (avis de marseillais).

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    Gigi83

    C'est arrivé une fois à Toulon. Un immeuble sain s'est effondré. Et la rumeur disait que c'était un missile venu d'un navire. Car il n'y avait aucune raison à cela. ____ https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_des_Têtes_de_Toulon

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    Kurt Von Holfmanstein

    Il faut simplement faire la politique appliquée par le parti communiste du Kampuchea. Vider la population de Marseille à pied, pour une longue marche dans la garrigue, vers la centrale de Marcoule, où ils seront chargés de nettoyer les cuves des centrales nucléaires avec une brosse à dent, puisque le nucléaire c'est propre et transformer la belle ville de Marseille à l'époque où elle était au temps de la colonisation grecque, à l'exception des bâtiments du XVII ème siècle, dont la belle chapelle de Puget, à la vieille charité. Comme Marseille est un port, il faut que les bateaux qui ont ramené les rapatriés d'Algérie en 1962, soient réutilisés pour les nombreux opprimés de la colonisation française qui sont obligés de vivre dans ce pays de mécréance.

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    Erick40

    Ça fait 30 ans que je vais régulièrement à Marseille, et rien ne change, j'j'ai toujours l'impression d'être dans un autre pays, une ville du tiers monde.
    A part quelques quartiers très riches, la misère est partout, l'immigration massive a transformé cette cité en un capharnaüm gigantesque.
    Dans les cours intérieures des immeubles de style haussmaniens, deux mètres de détritus jonchent le sol, les habitants jetant par les fenêtres, matelas, frigos usagés et poubelles.
    Bref, ce drame est une suite logique de l'abandon des pouvoirs publics.

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    dlr

    il espère le moins de mort possible ! Mais la mairie se pose-t-elle la question de sa responsabilité?
    J' ose espérer que des passants ne sont pas également parmi les victimes !
    J' ose espérer qu 'il y aurait des responsables à punir !

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    P'tit Lu

    Bâtiment "municipal" indigne,.... merci l'Etat donneur de leçons.

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    m claire b.

    Impensable....on se croirait en Inde....
    Ces politiques n’ont aucun respect des hommes".

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    anne.chaunier

    Comment une telle vétusté est elle possible..La pauvreté en France est donc au delà du «pensable. Au moyen âge ou les masures étaient en bois , et la pierre bien rare, c'était prévisible..mais dans une ville d'état occidental du XXIème siècle.... Et que dire même des immeubles parisiens du XIXème siècle..dont on voit un effritement de la pierre dans l'entourage de la porte cochere après de fortes pluies....Que font les maires de quartiers au plan de la sécurité des habitats..

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    natan770

    D'après le site MarsActu, «la ville de Marseille devait installer une micro-crèche de dix berceaux» dans l'immeuble municipal situé au n° 63.
    Dans une épave qui aurait dû être démolie depuis des lustres. On croit rêver. Heureusement qu'elle s'est écroulée avant "d'accueillir" des enfants, cette ruine!

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    jrmtheret

    L'effondrement raccourcit les délais des procédures administratives
    Espérons qu'il n'y avait pas migrants.
    Je crois qu'il serait temps de mettre une limite d'âge à nos hommes politiques ( 70 ans serait assez )

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    Jean Trançaine

    Le saviez-vous ?
    Avant le 31 décembre 2018, les syndics, professionnels ou bénévoles ont l'obligation de déclarer auprès de l’agence nationale de l’habitat (Anah) l’existence d'une copropriété, quelle soit leur nombre de lots. (Donc même deux lots suffisent, quels qu'ils soient ) (loi ALUR du 24 mars 2014).
    Sanctions: je cite.
    Le syndic encourt des sanctions financières après réception d’une mise en demeure par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, adressée par le teneur du registre, un copropriétaire ou toute personne qui y a un intérêt. Une astreinte d’un montant maximum de 20 € par lot et par semaine jusqu’à la complète transmission et actualisation des données, peut lui être appliquée lorsque la mise en demeure est restée infructueuse pendant un mois. L’astreinte ne peut être facturée aux copropriétaires sauf si le syndic n’a pas été rémunéré pour l’exercice de son mandat (CCH : L.711-6).
    Syndic bénévole, je m'y attelle.....en occultant, pour garder du courage, que dans dix ans certains n'auront rien déclaré, et sans dommage.
    C'est assez lourd comme dossier.....siret, cadastre, compte rendu des AG avec la compositions des votants.....etc
    Les immeubles de Marseille et d'ailleurs peuvent continuer de s'écrouler... les lois ne s’appliquent qu'aux honnêtes gens.....

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