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Poilu : du héros à la victime

Poilu : du héros à la victime
Henri Maire (Vesoul) et Gaston Vuillin (Villers le Lac), soldats du 407e Regiment d'Infanterie, en 1915 . Rue des Archives/Collection Laurent Erny

VIDÉO- Célébré en héros dès les premiers jours de la bataille, le poilu de 1916 est aujourd'hui considéré avant tout comme une victime.

C'est l'une des mutations les plus caractéristiques de l'historiographie de la Grande Guerre. Cette guerre dont, à un siècle de distance, Verdun apparaît, côté français, comme la métaphore absolue. Célébré en héros dès les premiers jours de la bataille, le poilu de 1916 est aujourd'hui considéré avant tout comme une victime. À la louange a succédé la plainte, nécessairement plus restrictive dans son appréciation des hommes. Car si l'héroïsme suppose la souffrance, on peut souffrir sans être héroïque.

Jusque-là compatibles, les figures du héros et de la victime ont commencé à s'opposer avec la disparition des derniers poilus. Elle coïncidait avec un engouement du public pour l'expérience des combattants

Les racines de cette lecture victimaire plongent dans la mémoire collective des Français, qui s'est tissée de la tragédie de familles parfois décimées, comme le montre la terrifiante scansion des mêmes noms (père, fils, frère, oncle, cousin) sur les murs de l'Ossuaire de Douaumont. À côté de la célébration de poilus héroïques, la mémoire officielle ou combattante a intégré dès l'origine cette dimension douloureuse : l'année 1920 voit ...

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3 commentaires
  • AvatarAbonné
    Mon fFgaro

    Les poilus ont défendu la France pour faire de nous ce que nous sommes aujourd'hui. Ce ne sont pas des victimes. Honorons leur mémoire en toute simplicité et modestie.

  • AvatarAbonné
    aborig

    si c'était des victimes, ils n'auraient pas gagné la guerre.

  • AvatarAbonné
    Franck Boizard

    Je suis très irrité par notre propension à considérer les Poilus comme des victimes. C'est une forme d'irrespect navrante.

    Oh, il ne faut pas en chercher l'explication bien loin : si nous les considérions pour ce qu'ils furent, acteurs, adultes, patriotes, tenaces et héroïques, nous verrions tout ce que nous ne sommes pas et nous refusons ce miroir accusateur. Alors ce sont des victimes, nous pouvons nous reconnaître dans ce miroir là. Le seul problème, c'est qu'il est faux.

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